Le Comité International de la Croix Rouge vient d’organiser à Bukavu une formation sur la couverture médiatique des crises humanitaires causées soit par des conflits armés, des catastrophes naturelles, des épidémies ou d’autres situations d’urgence.
Cette formation qui a connue la participation de plus de 20 journalistes de Bukavu a été une occasion pour ces professionnels des médias de comprendre les enjeux spécifiques de la couverture médiatique des crises humanitaires et maîtriser les principes d’éthique du journalisme humanitaire.
Pendant cette formation, les professionnels des médias ont développé des compétences pratiques pour la collecte, la vérification et la diffusion d’informations en contexte de crise, ceci pour favoriser une couverture médiatique responsable et respectueuse de la dignité humaine.
Le formateur du jour, monsieur Égide Kitumaini, Secrétaire de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) section du Sud-Kivu a développé avec les participants plusieurs aspects liés au journalisme humanitaire qui est une forme de journalisme spécialisée dans la couverture des crises humanitaires et qui vise principalement à informer le public sur les souffrances humaines, les besoins des populations affectées et les efforts déployés pour leur venir en aide.
Durant la formation, les professionnels des médias ont été également outillés sur le rôle des médias dans la sensibilisation et la mobilisation de l’aide humanitaire, en luttant contre la désinformation.
» En période de crise, les fausses informations et les rumeurs peuvent se propager rapidement, aggravant la situation. Les médias ont la responsabilité de vérifier les faits, de lutter contre la désinformation et de fournir une information fiable et objective » a insisté le formateur Égide Kitumaini.
Dans le cadre de la mobilisation de l’aide humanitaire, il a été démontré durant cette formation que les reportages et les témoignages diffusés par les médias ont le pouvoir de susciter l’émotion et la compassion du public. Ils incitent à la solidarité et à l’action, en encourageant les dons financiers, les collectes de biens et le bénévolat.
» Les médias servent de relais aux appels à l’aide lancés par les organisations humanitaires, les agences gouvernementales et les autres acteurs impliqués dans la réponse aux crises. Ils diffusent les informations pratiques sur les besoins urgents, les modalités de dons et les actions de terrain » a renchérit Égide Kitumaini.
Dans un contexte où la province du Sud-Kivu et l’ensemble de la la partie Est de la République Démocratique du Congo sont confrontés à de graves crises humanitaires, cette formation visait à rappeler aux journalistes leur rôle crucial dans la transmission d’informations fiables.
Sabrina Denuncq, cheffe de la sous-délégation du CICR au Sud-Kivu, a souligné l’importance du rôle des médias dans les communautés touchées par les crises.
» Les journalistes ont un pouvoir et une responsabilité. Cette formation vise à renforcer leur lien avec le CICR et à les accompagner dans leur métier, en particulier en période de crise humanitaire et de conflit. Nous attendons d’eux un comportement responsable, une prise de conscience de leur influence et un engagement à fournir à la population une information vérifiée et fidèle à la réalité. » a soutenu Sabrina Denuncq.
Prenant la parole au nom de tous les participants, Gloire Koko, Journaliste à Mama Radio a salué la pertinence et les acquis de cette formation qui est venu au point nommé, étant donné que les journalistes de Bukavu exercent ce dernier temps dans une ville occupée par des rebelles et qui connaît des conflits armés.